Voici les cinq grands principes du Barallèle.

Le Barallèle :

  • Fait une critique pointue de l'école sous toutes ses coutures dans un but d'informer et de faire réagir les élèves ;
  • S'alimente à la liberté d'expression ;
  • Considère que l'élève doit être le centre de l'école ;
  • Prône que l'école secondaire soit un lieu ouvert et démocratique ;
  • Valorise la vie étudiante sous toutes ses formes.
Sommet de l'enfance
Laurence Alix-Séguin

«Nous, les grandes personnes, avons lamentablement échoué»

- Kofi Annan

C’est cette phrase, lourde de sens qu’a prononcé le Secrétaire Général lors d’une allocution à la session spéciale de l’Assemblée générale des Nations Unies sur l’enfance, qui s’est déroulée du 8 au 10 mai 2002. Ce à quoi a répondu Audrey Cheynut, monégasque de 17 ans, : «Jusqu’à ce que les autres acceptent leurs responsabilités envers nous, nous nous battrons pour nos droits».

Cette réplique, en plus d’annoncer un ferme engagement, est un extrait de la première déclaration faite par un enfant à l’Assemblée générale. Celle-ci fut suivie de peu par le témoignage de la Bolivienne Gabriela Azurdy Arrieta qui, du haut de ses treize ans, s'est fait la porte-parole de toute cette portion de l’humanité âgée de moins de dix-huit ans. De tous, mais aussi particulièrement de ceux qui s’insèrent tristement dans les bases de données pour grossir les effroyables statistiques publiées, dans la deuxième semaine de mai 2002, par l’UNICEF.

Dans un document, au travers des colonnes de chiffres, on peut recenser :

- plus de 10 millions d’enfants qui meurent chaque année de causes évitables;

- 100 millions d’enfants privés d’éducation, dont 60% sont des filles;

- 150 millions d’enfants souffrants de malnutrition;

- 30 millions d’enfants privés de campagne de vaccinations élémentaires;

- 300 000 enfants-soldats dans plus de 30 pays;

- des enfants victimes d’exploitation sexuelle, commerciale;

- etc.

Il est aussi alarmant de constater la prolifération toujours plus rapide du SIDA chez les jeunes, soit en raison d’une transmission intra-utérine ou encore d’une contamination consécutive à la prise de drogue ou d’activité de prostitution.


Échecs et espoirs

Cette session spéciale avait pour but d’évaluer les progrès réalisés depuis 1990, année du dernier Sommet de l’Enfance. La communauté internationale s’était alors donnée comme objectif de réduire de moitié la malnutrition infantile. Le rapport La situation des enfants dans le monde 2002 ne fait malheureusement état que d’une chute de 17% alors que le gouvernement américain vient encore d’augmenter de quelques milliards son budget.

C’est cette même nation, qui s’autoproclame la représentante de la «liberté immuable» en ces temps troublés, qui refuse toujours de ratifier le traité qui, à ce jours réunis le plus d’État avec 191 signataires : la Convention internationale des droits de l’enfant, rédigée en 1989. Le frileux Oncle Sam, s’étouffant dans une droite plus que puritaine, y voit dans la reconnaissance «de la primauté de l’intérêt de l’enfant dans la prise de décision » une menace à l’autorité parentale, donc une incitation «dissimulée» à l’avortement. Opinion confortée par George W. Bush qui s’attarde, encore aujourd’hui, à démontrer l’incroyable potentiel publicitaire en faveur de l’IVG d’une expression telle que «réhabilitation des filles en zone de guerre», s’alliant ainsi avec certains membres de ce qu’il a, dans un moment d’inspiration, «hollywoodiennement» surnommé l’Axe du Mal (les majuscules étant primordiales).

Autant de politicailleries et lutte de pouvoir, outillage routinier d’une diplomatie qui ne fait point de différence entre du pétrole et un enfant (et là, encore…), qui s'accumulent et contribuent à anéantir les efforts de multiples groupes d’entraide et d’organisations à caractère humanitaire.

Car, lors de cette session, après les rituelles chicanes à propos de virgules et de synonymes, un document, au titre prometteur, Un monde digne des enfants, a été signé par une majorité des États représentés par des délégués et des dirigeants des gouvernements (présence marquée de ceux des pays de l’hémisphère Sud). Le texte réitère les objectifs d'amélioration de l'accessibilité à la santé et à l’éducation ainsi que la lutte au Sida et aux divers mauvais traitements et abus subit de par le monde par les enfants.

Reste que, peu importe les dispositions politiques adoptées, il est le devoir de tous et chacun, sans regard à l’âge, de s’alarmer et d’entreprendre une douloureuse prise de conscience face à cette problématique qu'on ne peut nier : la majorité des enfant, sur cette planète, vivent en deçà de ce que leur accorde la définition des besoins de base. Et enfin s’intéresser à ces jeunes individus non seulement parce qu’ils représentent l’avenir d’un peuple ou d’une société (des dirigeants et ouvriers de demain), mais également attacher à leur qualité un sentiment d'urgence de l’action, caractéristique de ce qu’on ce doit de considérer comme une part entière, partie prenante du quotidien, donc du présent d’une humanité.

Pour plus d’information : www.unicef.org

L.A.S.